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Histoire de la carrrière de Fontenailles

Le «marbre de St-Triphon»

Le site de St-Triphon domine de 120 m la plaine du Rhône et comprend 3 collines: Le Lessus, Les Larines et Charpigny.
Grâce à leur bonne qualité pour la taille, leur bel aspect de marbre noir lorsqu’ils sont polis et la facilité relative de leur extraction, les calcaires mentionnés sous le nom de «marbre de St-Triphon», servirent de matériaux à divers ouvrages architecturaux dès le 2e quart du XIIIe siècle.

Une partie importante des fontaines du canton furent également taillées à St-Triphon, tout d’abord dans certaines couches épaisses de la carrière des Fontenailles et plus tard dans le fameux banc des bassins de la carrière des Andonces, située au sud-ouest des collines, actuellement utilisée comme site de spectacles.

Les trois grandes carrières de Fontenailles, des Andonces et du Lessus ont été exploitées successivement du XIIIe au XXe siècle.

On rencontre le «marbre de St-Triphon» en une multitude d’endroits, sous une forme polie au jubé de la cathédrale de Lausanne et à l’autel de l’église de Romainmôtier au XIIIe siècle.
Au Moyen-Age, la notoriété de ces matériaux était telle que des échantillons furent envoyés vers 1320 au Comte de Savoie jusqu’à Paris !

Dans notre région on ne compte plus les exemples d’application du XVe siècle à nos jours, allant du simple soubassement de bâtiment aux éléments de décors les plus élaborés et incluant notamment, escaliers et embrasures de portes et de fenêtres.

Citons également quelques édifices bâtis avec du marbre de St-Triphon:
- L’Hôtel de Ville de Genève (XVIIe siècle)
- Les fondations du Palais de Rumine, des bâtiments des CFF, de l’Hôtel des Postes à Lausanne (début XXe siècle)

Les archives communales, lacunaires jusqu’alors, attestent d’une grande activité dans la carrière de Fontenailles, dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
Ces archives mentionnent que c’est en 1767 que les marbriers réputés Vincent et Jean-François Doret achètent une partie de la carrière de Fontenailles avec tout le matériel pour l’exploiter. C’est l’âge d’or de la carrière qui se poursuit jusqu’au XIXe siècle.

Au début du XXe siècle, à la fin de la première guerre mondiale, l’exploitation décline progressivement et cesse définitivement.


Element en pierre pour le pont de la Coulouvrenière de Genève, 1895.


Chargement d'une fontaine prête à être livrée à Berne en 1892.


Détail de la sculpture du piédroit de l’ancien portail du cimetierre, œuvre probable du tailleur de pierre Pierre Guigoz, début du XVIe siècle.


Entrée de maison en «marbre de St-Triphon».

L’escalade dans la carrière

Dès les années 1950, les premiers grimpeurs viennent s’entraîner dans ces anciennes carrières désormais inexploitées.
Avec le site d’Eclépens près de la Sarraz, St-Triphon fait partie des premiers «terrains d’entraînement à la varappe» qui se développent dans le canton. A l’époque l’objectif premier, en fréquentant ces sites de plaine, était de s’entraîner avant d’aller en montagne!
Parmi les premiers à explorer ces rochers citons Carlo Jaquet ou Léon Weissbaum du groupe de haute montagne de Lausanne et nombre de montagnards locaux: Corbaz, Mordasini, Sauge, Chevalley et bien d’autres.

Quelques voies furent classiques et réputées dans les années 60-70:
- le surplomb en artificiel
- la voie du dentier et le Grand Pilier dans la paroi de la Tour
- la cheminée, la fissure, le feuillet dans la paroi de la dalle (côté village),
- sans oublier le redouté et difficile bloc du mur jaune.

Au début des années 80 le site est progressivement rééquipé. On compte environ 50 voies en 1984, 100 en 2000 et près de 150 aujourd’hui.
Un très grand merci à Louis Piguet, guide, attaché au lieu depuis les années 80.

Aujourd’hui la popularité du site et sa fréquentation ne se démentent pas! Beauté des lieux, accès facile, douceur du climat, calme, ainsi que qualité et variété des voies n’ont pas échappés aux grimpeurs.
Que chacun aie à cœur de préserver ce bel endroit, prenne beaucoup de plaisir et se ressource en ces lieux.

Bonne grimpe!

Les photographies sont tirées de la monographie de la commune d’Ollon.